Passer de la voiture au monoroue, un défi?

Passer de la voiture au monoroue, un défi?

 

Pour se rendre au travail, Pierre a choisi une alternative originale: le monoroue. Une décision réfléchie, mais qui n’exclut pas le plaisir de rouler. Et qui prouve que ces nouveaux moyens de transport ne sont pas l’apanage de la jeune génération.

"Mes deux filles sont ravies que j’emploie ce moyen de transport", entame Pierre avec un sourire. "Quand ils me voient arriver, leurs camarades de classe trouvent que j’ai le "swag" sur mon monoroue."

 

Marre des embouteillages

Depuis deux ans, Pierre combine, selon les jours, voiture et monoroue ou transports en commun et monoroue. "Comme beaucoup d’habitants de la proche périphérie bruxelloise, les embouteillages me rendaient la vie impossible", se souvient notre interlocuteur. "Mais je ne pouvais pas entièrement abandonner la voiture, car certains jours je dois conduire mes filles à l’école. Je me suis donc mis à réfléchir au moyen de transport le plus simple à utiliser au quotidien. 

J’avais pour ça deux impératifs: pouvoir le rentrer dans la voiture, bien sûr, mais aussi pouvoir le prendre avec moi dans les transports en commun. Le monoroue était la solution idéale: grâce à sa poignée télescopique, je peux le transporter très facilement et le mettre entre mes jambes lorsque je prends le tram. C’est à peine plus encombrant qu’un attaché-case: juste un peu plus lourd."

 

Manque de pistes cyclables

Pierre aimerait bien utiliser son monoroue sur l’entièreté du trajet, car l’autonomie de l’engin — 40 à 50 kilomètres en moyenne entre deux charges — lui permettrait sans problème de faire l’aller-retour chaque jour. 

"Malheureusement, à un moment, je suis presque forcé de prendre le tram", explique Pierre. "La plupart des grands boulevards ne sont que partiellement pourvus de pistes cyclables séparées, et je ne me sens pas en sécurité en monoroue sur les grandes artères. Les automobilistes commencent à peine à s’habituer aux vélos, et je remarque bien qu’ils ne savent pas trop quelle attitude adopter face à un monoroue. Certains ne nous voient carrément pas, et je n’ai pas envie de prendre de risques."

 

Une solution bon marché?

Pierre insiste aussi sur le caractère bon marché de la solution. "Le monoroue en lui-même coûte plus ou moins le même prix qu’un bon vélo. Certains modèles sont moins chers, mais ils sont moins résistants et leur batterie est moins performante, je déconseille donc de les acheter." Côté rechargement, d’après ses calculs, chaque charge coûte à Pierre environ 4 cents. 

"Vraiment pas la ruine. Et je suis tranquille: le moteur ne s’use quasi pas, et ma batterie a une longévité de plus de 2 000 cycles de rechargement. Vu que je ne fais qu’une charge par semaine, j’ai le temps de voir venir", conclut-il en souriant.

 

Facile à conduire?

Pierre conseille aux débutants de demander un petit coup de main à un pratiquant chevronné pour apprendre la conduite.

"Des organismes proposent aujourd’hui des cours: passez deux heures avec un pro, et vous maîtriserez les bases. En revanche, n’essayez pas d’apprendre par vous-même: je l’ai fait, et ça m’a pris plus de 20 heures et une chute pour commencer à comprendre l’équilibre sur le monoroue. C’est un peu comme apprendre à rouler à vélo: imaginez-vous le faire sans les conseils de quelqu’un qui sait rouler?"

 

Protections indispensables

Pierre recommande par ailleurs de bien s’équiper pour les chutes. "Les monoroues sont en principe limités à une vitesse de 18 km/h. Mais même à cette vitesse-là, une chute peut faire mal. Le plus important? Une paire de gants et des protège-poignets. Si vous chutez, c’est vers l’avant, et vous aurez le réflexe de tendre les mains. Si vous voulez compléter votre panoplie, un casque et des protège-coudes peuvent s’avérer utiles, mais ils ne sont pas indispensables". 

Alors, tenté?

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