Paris en trottinette/ Parijs

Paris sans voiture

Le dimanche 16 septembre a été décrété journée "sans voiture", non seulement dans de nombreuses villes belges mais également à Paris. Notre reporter y est allé faire un tour.

À 11 heures tapantes – au démarrage officiel du dimanche sans voiture –, nous sortons de la station de métro Concorde pour constater, en guise de première impression, que Paris est davantage à "circulation restreinte" que "sans voiture". Des véhicules de toutes sortes sont, en effet, autorisés à circuler: les taxis, les bus et autocars, tout comme les services de secours, les camions de déménagement et les voitures pour personnes à mobilité réduite.
La police est présente en masse pour contrôler les autorisations de circuler. Il est manifeste cependant qu’il y a moins de trafic automobile qu’un dimanche habituel. Comme le confirme Ludovic, un coursier à vélo d’Uber Eats: "Aujourd’hui, les voitures en circulation ne représentent qu’un dixième de leur nombre en temps normal.
C’est tout bon pour nous: nous pouvons livrer plus rapidement."

 

Journée du Patrimoine

Le dimanche sans voiture coïncide avec les Journées du Patrimoine au cours desquelles de nombreux bâtiments et monuments français ouvrent leurs portes.
Soleil radieux aidant, des milliers de touristes et de Parisiens arpentent donc les rues de la ville – à pied, à vélo ou en utilisant un autre moyen de transport "doux".

Juste devant l’Hôtel de Ville, une partie de la chaussée est en cours de transformation. Un panneau indique qu’elle accueillera bientôt une piste cyclable. La maire de la ville, Anne Hidalgo, ambitionne en effet de voir davantage de Parisiens circuler à vélo.
Et pour les y encourager, le nombre de pistes cyclables va doubler d’ici à 2020. Un excellent projet, estime un club de cyclotouristes originaires des Ardennes françaises. "Nous avons garé nos voitures en banlieue et partons à présent à la découverte de la ville à vélo. Paris se prête très bien au déplacement sur deux-roues.
La ville se dévoile beaucoup plus en étant perché sur un vélo qu’en circulant en voiture ou en empruntant le métro."

 

Tout a commencé par les Vélib'

De nombreux touristes utilisent les vélos partagés Vélib’. En janvier de cette année, un nouvel opérateur a repris ce système de "petites reines" en libre-service.
Ses débuts ont été chaotiques: les nouveaux vélos et les bornes où on les attache ne répondaient pas aux attentes. Aujourd’hui, j’ai pu cependant emprunter et replacer un vélo sans problème.
Mais un compagnon de voyage a rencontré plus de difficultés.

Ces dernières années, Paris a vu l’arrivée de nombreux opérateurs de véhicules partagés. Ces derniers n’ont pas d’emplacement fixe. Une appli sert à les trouver et à les louer.
Sur la place de la Concorde, une série de véhicules en libre-service sont ainsi rangés côte-à-côte: un vélo de Mobike, un vélomoteur électrique de Coup et la toute dernière nouveauté: deux trottinettes électriques de Lime et Bird (ce dernier est actif également à Bruxelles depuis cette semaine).

 

Vive la trottinette électrique!

Je brûle d’envie d’essayer cette trottinette électrique. J’installe l’appli de Lime, m’enregistre et crédite mon compte. Pour la louer, il me suffit de scanner un code QR. L’appli sait qu’il s’agit de mon premier trajet et affiche dès lors les consignes de sécurité. Et c’est parti: je mets la trottinette en route et pousse sur une poignée pour allumer le moteur électrique de 250 watts.
Un jeu d’enfant. En deux temps, trois mouvements, je file à 25 km/h sur la piste cyclable le long des quais de la Seine. Dès que j’arrive sur les Champs-Elysées, le confort de conduite en prend un coup; les petites roues du Lime font un potin d’enfer sur les pavés. Il est temps de lever le pied.
Je m’arrête à l’Arc de Triomphe et y laisse la trottinette, tout simplement. Inutile de rechercher une borne d’attache comme pour les vélos Vélib’.

Au Trocadéro, je passe dans des stands d’information sur les nouvelles formes de mobilité: vélos électriques, trottinettes électriques, monoroues électriques, etc. Selon Jacques, un des exposants, ce sont les véhicules de l’avenir.
"L’excès de voitures rend la ville invivable. Pour les déplacements dans la ville, ces véhicules propres sont bien meilleurs et prennent beaucoup moins de place qu’une voiture."

 

Un tiers de dioxyde d'azote en moins

Le lendemain, la municipalité de Paris annonce que, durant le dimanche sans voiture, on a mesuré une baisse d’un tiers de dioxyde d’azote par rapport à un dimanche normal.
Et la mairie de communiquer dans la foulée que le centre (c’est-à-dire du premier au quatrième arrondissement inclus) sera piétonnier désormais tous les premiers dimanche du mois.
Les Parisiens feraient bien de s’y habituer. Si cela ne tenait qu’à Anne Hidalgo, le "sans voiture" deviendrait la nouvelle normalité.

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