Fumer en voiture, c'est (presque) fini!

Fumer en voiture, c'est (presque) fini!

L'an dernier, une proposition du ministre wallon di Antonio, a suscité la polémique. L'objet? "Interdiction de fumer dans sa voiture en présence d'enfants". Mais la mesure "wallonne" n'arrivera qu'en 2020 alors que c'est déjà effectif en Flandre.

Une précision d'abord. Le - désormais ancien - ministre de l'Environnement Di Antonio voulait introduire cette infraction - punie de 150 euros d'amende - au niveau régional. Ce n'est donc pas une mesure liée au Code de la route, comme le rappelait à l'époque Karel Van Coillie, conseiller juridique de Touring.

 "Le Code de la route - matière fédérale - ne peut imposer une telle mesure qui concerne la santé publique et pas la sécurité routière. Il existe un article du Code de la route – l’article 8.3 - qui peut néanmoins être relié à l'activité de fumer à bord d'un véhicule: "Tout conducteur doit être constamment en mesure d'effectuer toutes les manœuvres qui lui incombent et doit avoir constamment le contrôle du véhicule qu'il conduit." 

 C’est donc un article qui peut aussi concerner le fait de manger un sandwich, de manipuler son GSM, de se maquiller, de lire son journal… Une infraction du second degré punissable d’une amende de 116 euros - perception immédiate - à 160 euros pour une transaction, et jusqu'à 2.000 euros si l'affaire va jusqu'au tribunal.

 

Plus sévère en Flandre

La mesure proposée par le ministre Di Antonio était donc une mesure de santé publique. En 2016, la ministre fédérale Maggie De Block (Open Vld) avait également envisagé le même genre de mesure, mais sans suite jusqu'à ce jour. Bref, cette mesure, côté "Wallonie/Bruxelles" entrera en vigueur l'année prochaine. Et en Flandre? Là, les textes ont été rapidement votés et cette interdiction est entrée en vigueur depuis le 6 février dernier. Elle concerne les enfants jusqu'à 16 ans, alors qu'il est question de 18 ans au sud du pays. Mais (l'ancienne) ministre de l’Environnement Joke Schauvliege (CD&V) a fait plus fort puisque l'interdiction de fumer en présence d'enfants englobe également la cigarette électronique et l'amende pourra grimper jusqu'à 1000 euros!

 

Suivre l'exemple d'autres États

Toutes ces annonces suivent les exemples de nombreux autres pays comme la France, le Royaume-Uni, l'Australie, l'Afrique du Sud et de nombreux États américains ou provinces canadiennes. L'âge des enfants varie d'un exemple à l'autre, l'échelle des sanctions aussi. La France est l'une des plus restrictives concernant l'âge des enfants:18 ans. Dans les autres pays concernés, il s'agit de 12 voire de 16 ans. Mais tous n'ont qu'un seul but: limiter les dangers du tabagisme passif dans un environnement aussi cloisonné que l'habitacle d'une voiture.

 L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappelle d'ailleurs que le tabagisme passif:

  • entraîne des risques importants de maladie cardiovasculaire et respiratoire, dont des cardiopathies coronariennes et le cancer du poumon;
  • est une cause de mort subite du nourrisson et d’insuffisance pondérale à la naissance;
  • provoque environ 890.000 décès prématurés chaque année.

 Notons d’ailleurs que, toujours selon l’OMS, plus de 40 % des enfants dans le monde ont au moins l’un de leurs deux parents qui fument.

 

Et vous, qu'en pensez-vous?

Les fumeurs ont souvent bien conscience de ces dangers et le grand public est largement favorable à cette interdiction. Dans la dernière enquête de la Fondation contre le cancer d’octobre 2017, 93 % des personnes interrogées trouvent normal de ne pas fumer dans une voiture en présence d’enfants. Parmi les fumeurs, la majorité est aussi en faveur d’une interdiction (88 %).

Une tendance que relaie notre sondage sur Facebook réalisé fin 2017. Une écrasante majorité des 181 participants approuvent la mesure:

  • 134: trouvaient que c'est du bon sens
  • 21: jugeaient la mesure utile uniquement s'il y a des enfants à bord
  • 12: estimaient que c’est une bonne idée pour la sécurité routière
  • 8: y voyaient une atteinte à la liberté individuelle
  • 6: la trouvaient sans réel intérêt.

 

On notait enfin que, parmi les commentaires, beaucoup s'interrogeaient sur une "obligation" alors qu'il s'agit, pour eux, d'une simple mesure de bon sens et qu'il ne fallait donc pas une interdiction de plus.

 

Et vous, quel est votre avis sur la question?

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