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Casque vélo obligatoire: une bonne idée?

8 Belges sur 10 souhaiteraient que le casque de vélo soit obligatoire pour les enfants, selon une enquête de l'Institut Vias. Imposer le port du casque est-il une bonne idée? Touring a pesé le pour et le contre.

 

Bart Depreitere, neurochirurgien à l'UZ Leuven, est régulièrement confronté aux conséquences des accidents de vélo. Et celles-ci peuvent être très graves. "Lors d'un accident de vélo, le risque de chute sur la tête est élevé. Si vous tombez avec le vélo, vous ne pouvez qu'espérer porter un casque. Nous sommes nés avec un seul cerveau. S'il est endommagé, c’est pour le reste de la vie. Le cerveau ne peut pas se réparer. C’est pourquoi il mérite d'être protégé."

 

Il ressort d’une étude scientifique internationale (site en néerlandais et en anglais) qu'un casque protège efficacement la tête en cas de chute. Le port du casque de vélo réduit de 60 % le risque de graves traumatismes crâniens. Et 37 % des cyclistes décédés des suites d’un accident de vélo sans casque auraient pu survivre s’ils en avaient porté un. "Dans les pays ou régions où le port du casque est obligatoire, le risque de traumatisme crânien et de lésions cérébrales est clairement réduit. Nous le savons depuis les années 80, et rien ne le contredit", dit Bart Depreitere.

 

Le casque pour tous?

Sur la base de ces chiffres, l'Institut Vias plaide en faveur d'une promotion active du port du casque et, à court terme, du casque obligatoire pour les enfants de moins de 14 ans. Selon une enquête de Vias, 8 Belges sur 10 se disent partisans du casque obligatoire chez les enfants.

 

Mais si le casque protège en cas de chute, ne devrait-il pas être obligatoire pour tous les cyclistes? Selon les associations de cyclisme GRACQ et Fietsersbond, ce serait une très mauvaise idée. Leur argument? Imposer le port du casque à tout le monde entraînerait une diminution du nombre de cyclistes. "Des exemples à l'étranger montrent que le nombre de cyclistes diminue après l'instauration du port du casque obligatoire, explique Wies Callens de Fietsersbond. Nous voulons justement encourager l'usage du vélo, en particulier pour les petits déplacements. Pour le dire franchement: si on veut dissuader les gens de prendre la voiture le dimanche pour aller acheter des viennoiseries, il ne faut sûrement pas imposer des règles qui découragent la pratique du vélo."

 

Cyclistes en nombre, sécurité accrue

Une diminution du nombre de cyclistes serait également préjudiciable à la sécurité des cyclistes restants. C’est la force du plus grand nombre: plus il y a de personnes à vélo, plus le cycliste est en sécurité. Aux Pays-Bas, paradis de la petite reine, seulement 0,1 % des cyclistes portent un casque, mais ces derniers sont moins susceptibles de perdre la vie dans un accident. Dans les pays où le vélo fait moins d’adeptes, le risque d'accidents mortels est plus élevé, bien que le port du casque y soit plus fréquent.

 

Des pistes cyclables plus sûres

Les associations de cyclisme insistent aussi sur le devoir des gestionnaires routiers – régions et communes – d’aménager des infrastructures cyclables sûres. "La plupart des accidents de vélo n’impliquent aucun tiers. Il s’agit par exemple d’une chute ou d’une collision avec un objet, explique Wies Callens. Une piste cyclable mal entretenue ou dangereuse est souvent en cause. Investir dans des pistes cyclables améliorées, plus larges et adaptées au nombre croissant de cyclistes et aux différents types de vélos utilisés de nos jours serait bien plus favorable à la sécurité routière que d’obliger tout le monde à porter un casque."

 

Pour Bart Depreitere, l’un ne va pas sans l’autre. "Bien sûr, les pouvoirs publics doivent investir dans de bonnes infrastructures, dans des pistes cyclables larges et isolées du trafic, comme aux Pays-Bas. Mais aux Pays-Bas aussi, il y a des accidents de vélo, dus à l'inattention, à la distraction, à une mauvaise maîtrise. Bref, tout cycliste ferait mieux de porter un casque."

 

Le point de vue de Touring

Touring est favorable au port obligatoire du casque pour les enfants jusqu'à l'âge de 14 ans. Aux adultes de décider eux-mêmes. Cependant, il est important de mener de fortes campagnes de sensibilisation afin de promouvoir autant que possible le port du casque. Il existe suffisamment d'études qui démontrent l'importance du casque de vélo et son impact sur la sécurité routière. Enfin, il y a suffisamment de beaux modèles sur le marché qui plaisent à un public plus large que par le passé.


Quid des autres pays?

En 1990, l'Australie a instauré l'obligation du port du casque pour tous les cyclistes, y compris les adultes. En Europe, le port du casque est obligatoire pour tous en Slovaquie et en Espagne. En Autriche, Croatie, République tchèque, Estonie, France, Lettonie, à Malte, en Slovénie et en Suède, les enfants doivent porter un casque de vélo; la limite d’âge variant de 10 ans à Malte à 18 ans en République tchèque.

 

Et pour les vélos rapides?

Pour les speed-pedelecs, qui peuvent atteindre 45 km/h, le port du casque est obligatoire. Il peut s'agir d'un casque de scooter conforme à la norme ECE22.05, mais aussi d'un casque de vélo ordinaire. Notez que les casques de vélo classiques ont été conçus et testés pour vous protéger à une vitesse de 20 km/h. Il n'existe pas encore de norme européenne relative aux casques de vélo adaptés aux speed-pedelecs.

 

Quoi qu'il en soit, si vous voulez investir dans un bon casque de vélo, vérifiez toutes ses caractéristiques avant d'acheter.